09/03/2017

Hommage à Naná Vasconcelos

Version française
Naná Vasconcelos nous a quittés il y a un an aujourd’hui. Percussionniste autodidacte et éclectique, il jouait aussi volontiers du bérimbau que d’autres percussions, avec les plus grands musiciens de jazz comme avec les plus grands chanteurs de la Musique Populaire Brésilienne ou dans des musiques de film…
Pernamboucain endurci, il a également dirigé l’ouverture du carnaval de Recife durant 15 ans ; les quelques images présentées ici le montrent lors de son avant-dernière participation, en 2014, aux commandes du paquebot qu’est la réunion de 11 des meilleurs maracatus de Recife et des chanteuses de l’ensemble Voz Nagô.

Versão portuguesa
Naná Vasconcelos faleceu há um ano hoje. Autodidata e percussionista eclético, tocava tanto o berimbau que outra percussão, com os maiores músicos de jazz tanto como os maiores cantores da Música Popular Brasileira ou em músicas de filme...
Pernambuco apaixonado, liderou também a abertura do carnaval do Recife por 15 anos; las imagens que vêm mostram sua penúltima participação, em 2014, no comando do navio de la reunião de 11 dos melhores maracatus do Recife e das cantoras do conjunto Voz Nagô.

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Sony alpha 55, 8' 32"

28/02/2017

Cumbia à Barranquilla

La cumbia se danse dans toute l’Amérique latine, du Mexique à l’Argentine. On devrait dire les cumbias, tant ce rythme et cette danse populaires prennent de formes différentes. Au Pérou, chaque région a la sienne ; celle d’Ayacucho a des accents de musique chinoise, celle d’Huancavélica est enracinée dans des harmonies andines. Mais l’origine de la cumbia ne fait pas de doute : elle vient de la côte caraïbe de Colombie (de Montería à Santa Marta en passant par Cartagena et Barranquilla), où se sont rencontrées la flûte des indigènes cunas et koguis de la côte, les tambours des afro-colombiens et des pas de danse marqués par les traditions hispaniques.
Les instruments utilisés à Barranquilla sont le tambor llamador (tambour conique), le tambora (tambour cylindrique indigène), la caña de millo (flûte traversière), le guache (tube de bambou ou de métal empli de graines). D’autres régions de la côte préfèrent les gaitas (flûte à 7 trous), les maracas, l’accordéon, la clarinette…
Pour certaines cumbias, les danseuses portent des faisceaux de bougies ou des bouteilles sur la tête, ou les danseurs brandissent des machettes. Il en est par ailleurs dérivé de très belles versions chantées.
Les quelques cumbiambas barranquilleras enregistrées ici en donnent un éventail ; elles ont été filmées lors de cette institution qu’est le Carnaval de Barranquilla, plus précisément lors du défilé de la Grande parade de la 44, le 26/02/17.

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Huawei Eco, 9’ 13"

13/02/2017

Sikuris « 27 de juño »

La fête de la Virgen de la Candelaria (Vierge de la Chandeleur) de Puno, au bord du lac Titicaca, est une des plus grandes fêtes religieuses du Pérou. Du moins l’était, car elle donne surtout lieu aujourd’hui davantage à un « carnaval » très profane. Le dernier dimanche de janvier se tient un concours et des défilés de danses autochtones.
Le dimanche suivant, c’est le tour des danses métisses. Les participants se comptent par dizaines de milliers (40 000 cette année), et la foule fait exploser la population de Puno (150 000 habitants)
Dans cette présentation géante, les sikuris ont le mérite de l’authenticité et sont bien moins codifiés que les groupes folkloriques interchangeables de diables ou de caporaux en « costume de lumière »… en fait très peu de costume pour les danseuses. Je suppose que la Vierge apprécie.
Le groupe du « 27 de juño » (27 juin) présenté ici, remarquable par son ensemble et son homogénéité, n’a été noté qu’en 20e position sur 79, 6e des sikuris sur 15…

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Huawei Eco, 5’27"

* Le nom de sikuris (ou sicuris) est dû au siku, nom aymara de la flûte de pan.

10/02/2017

La Juventud central de Chucuito

La Juventud central est un groupe de zampoña (flûte de pan) de Chucuito, bourgade de 8 000 habitants au bord du lac Titicaca. Il est ici enregistré à l’occasion d’une cérémonie funéraire de premier anniversaire, le 04/02/2017. Pour l’immense fête de la Virgen de la Candelaria, le jour suivant à Puno, capitale de la région, la Juventud central intègre la formation de sikuris* K’alacampana.
L’enregistrement est suivi d’une explication du « chef d’orchestre » de la Juventud central sur les différents types de zampoñas.

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Huawei Eco, 10’25 + 3’44"

* Les groupes de sikuris (du nom aymara de la flûte de pan) peuvent comporter plusieurs dizaines de zampoñistas, tambourinaires, danseuses et exécutent des polyphonies et chorégraphies du même nom.

30/09/2016

Grupo Guayacan amarillo

La Casa del libro total est une superbe institution de Bucaramanga, capitale du Santander (Colombie). Refonte aussi respectueuse qu'audacieuse d’une des anciennes demeures subsistant dans cette ville, elle offre des parcours non moins audacieux et éclectiques : peinture, littérature bien sûr, édition de livres magnifiques…
Le groupe Guayacan amarillo s’y produisait en ponctuation d’un séminaire « Indigènes extraterrestres » au contenu très discutable – quand on prend des risques, on tombe parfois… mais c’est parce qu’on risque qu’on peut faire des choses merveilleuses. Et du moins la respiration du Guayacan amarillo, avec ses cumbia, porro, pasillo, merengue, baion a-t-elle été une de ces merveilles.

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Galaxy Note III, 8’20"

10/09/2016

Musiciens de rue à Medellín

Comme en Amérique centrale, à Medellín, il suffit que des musiciens ou chanteurs s'installent sur un coin de pavé pour qu'en un clin d'œil des passants s'agglomèrent comme hypnotisés : le temps semble s'être arrêté pour eux. Ici, Los Colombianos reprennent des airs populaires du Paisa, la grande région de Medellín...

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https://youtu.be/xOj7zcWDG7I

Galaxy Note 3, 3'50"

09/08/2016

Jarocho

Au XIXe siècle, jarocho était un terme péjoratif désignant les habitants de Veracruz : à peu de choses près un plouc !… Puis les habitants de la ville ont fait leur ce nom avec fierté. Et le son jarocho est entre autres devenu le nom d’une danse de claquettes locale. Le présent groupe s’installe tous les jours à la tombée de la nuit au bout du portal de Miranda, juste assez loin du zócalo de Veracruz pour ne pas interférer avec les groupes de mariachis qui s’y affrontent…

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Galaxy Note III, 4’25 »

17/07/2016

Rumba & santería

Tous les dimanches à midi, sur le callejón de Hamel, à La Havane, se danse la rumba. Comme on peut s’y attendre, elle y est endiablée. Comme on peut moins s’y attendre, c’est une affirmation plus religieuse que profane de la culture afro-cubaine : les santeros (adeptes, fils de saint) y représentent leurs orishas (semi-divinités d'origine yoruba), jouent la transe, saluent les babalorishas et iyalorishas (ou pères et mères de saint), qui occupent les places d’honneur…

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Rumba et santería

Galaxy Note 3, 16'21"

08/07/2016

Jazzy, Trinidad

J’adore la musique cubaine. Le problème est qu’elle se sait pas toujours où elle va, rabâchée dans les restaurants pour touristes, oubliée dans les bars populaires au profit de reggaeton ou de bachata infâmes.
Or voici que, des murs fissurés de l’antique Trinidad, s’exhale la divine surprise de Jazzy, innovante comme la cuisine de la Botija qu’elle accompagne un jour sur 2 : le violon et parfois la voix de Lanny y déploient leurs arabesques aériennes, soutenues par le socle rythmique et mélodique de la basse de Dyron.
Ils jouent ce qu’ils aiment, ils jouent comme ils s’aiment – on croirait du Prévert et Kosma, qu’ils jouent, justement, avec Stevie Wonder, Djavan ou eux-mêmes… pour notre plus grand bonheur.

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Jazzy joue Stevie Wonder
Galaxy Note 3, 5’34"

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Jazzy joue Djavan
Galaxy Note 3, 3’ 48"

04/04/2016

La Caldeira, 04/04/16

La Caldeira, c’est le temple de la samba à Manaus. Pour l’animation, le mieux, ce sont les soirs de fin de semaine. Pour la musique, mieux vaut les autres : le pagode (samba-disco ?...) y laisse la place à la vraie samba… Notamment, l'excellent groupe Flor de mureru, dont j’ai perdu l’enregistrement :(. D’autres soirs, tout le monde peut venir pousser (souvent très bien) sa samba. Et ce soir-là, parmi de bons amateurs, un chanteur, un vrai, inspiré : Solizio Rolim, dans un succès de Maria Bethânia…

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Solizio Rolim chante Negue

Galaxy Note III, 3’ 30"

18/03/2016

Légende du boto, 18/03/16

Selon une légende amazonienne, le boto cor de rosa (un dauphin d’eau douce amazonien, ou tucuxi) se transforme, les nuits des fêtes de juin, en un beau jeune homme pour séduire les filles seules, qui tombent sous son charme. Il est alors vêtu de blanc et d’un chapeau de paille couvrant son visage, car celui-ci conserve un nez de dauphin. Il entraîne sa compagne pour une promenade au bord du fleuve où il l’engrosse, et reprend au matin sa forme de dauphin. Quant à elle, sa vie durant, elle restera envoûtée par le boto.…

Légende du boto, Groupe Paranativo, Estação das Docas, Belém, mars 2016

https://youtu.be/zZcFOdGLyvg
Huawei Y520, 4'40"

06/03/2016

Maracatu Ventos de ouro

Traditionnellement, dans le maracatu, les rôles étaient sexuellement très définis : les femmes étaient bahianaises, courtisanes, et la reine occupait la première place, mais elles étaient interdites dans l’orchestre. Ce temps est révolu, et à Salvador, les femmes du maracatu orchestre Ventos de ouro défendent la tradition en la bousculant : ce sont les hommes qui y sont interdits…

Youtube Ventos de ouro

https://youtu.be/gQSLbo6d8Yg
Samsung Note 3, 11'05"

02/04/2014

Maracatu Encanto da alegria

Recife, carnaval 2014. Le Maracatu nation Encanto da alegria se prépare pour le carnaval, participe à l’ouverture du carnaval avec 11 autres maracatus de ville sous la direction de Nana Vasconcelos, y défile d’abord dans les quartiers, puis lors du concours officiel, enfin prend part à la Nuit des tambours silencieux…

Voir sur Youtube Encanto da alegria

https://www.youtube.com/watch?v=4-R8jPJrGXk
Sony Alpha55, 43' 15"