Au ban des nations

La guerre déclenchée par le gouvernement des États-Unis contre l’Iran puis le Liban est un événement d’une gravité exceptionnelle. Personne ne peut verser une larme sur Ali Khamenei et son régime barbare, qui maintient depuis plus de 40 ans des règles inhumaines et archaïques au prix de massacres à répétition de son peuple, pas plus que sur ses alliés du Hezbollah ou du Hamas.

Ceci ne justifie en aucun cas qu’un chef d’État, quel qu’il soit, non seulement s’arroge le droit de décréter quels gouvernements des autres pays peuvent exercer ou non le pouvoir, à plus forte raison celui de les détruire à sa guise au moyen d’une violence inouïe. Le peuple iranien et ses droits sont d’ailleurs le dernier souci des agresseurs.
Dire qu’on déclenche une guerre parce qu’une guerre risquerait sinon peut-être d’avoir lieu est un sophisme poutinien de la pire espèce. Agresser l’Iran, c’est l’obliger à faire une guerre devant laquelle il a toujours reculé, parce qu’il n’en a pas les moyens.
C’est aux peuples de chaque pays qu’il revient d’en finir avec ses tyrans, et nous avons le devoir de les soutenir pour cela. Par tous les moyens, sauf ceux de décider à leur place et d’aggraver la situation des peuples par une intervention armée.
Trump et Netanyahou se sont une fois de plus totalement assis sur le droit international, y compris sur le droit de la guerre. Poutine les dénonce… et se marre. Si une action de force doit être menée contre un État, c’est aux instances internationales d’en décider et de la mettre en œuvre.
Tranchant avec les réactions dignes du secrétaire de l’ONU, de l’Espagne, de la Chine, du Sénégal, de l’Afrique du Sud… celles des gouvernements français, allemand, britannique et de la Commission européenne sont lamentables. Aucun d’eux n’a été fichu de condamner une action militaire contrevenant à tous les principes du droit international — comme du reste du droit étatsunien —, pire, ils la soutiennent de fait : ils sont « consternés » par des réactions militaires iraniennes « disproportionnées » ! Certes, celles-ci ne sont pas plus légitimes contre les pays du Golfe que l’est l’agression israélo-étatsunienne. Mais il faut ne pas avoir le moindre sens commun pour penser que cette agression militaire aventuriste et probablement calamiteuse (voir les désastreux précédents : irakien en 2003, dont elle reprend la rhétorique fallacieuse sur les armes de destruction massive, sinon les mots ; et libyen en 2011) pourrait générer autre chose qu’un engrenage de violences et un chaos dont il est difficile de prévoir l’issue.
Toujours, les droits de douane « réciproques » (sic), à tout propos et hors de propos. Hier, le Venezuela. Aujourd’hui, l’Iran. Demain, Cuba. Etc. — je ne parle même pas de la Palestine. À défaut d’arrêter sans délai Donald Trump, pour cause de véto au Conseil de sécurité, les peuples du monde doivent mettre les États-Unis et Israël au ban des nations. La France ne doit pas y faire défaut.

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