30/01/2017

Seul avec les morts, 21/01/17

Nul ne peut accepter l’idée de son anéantissement et, si chaque peuple a élaboré sa propre religion et continue de le faire, toutes sont fondées sur l’espérance d’un au-delà ou d’un retour.
Mais pour tenter d’approcher le rapport à la mort des peuples amérindiens, il nous faut déployer un singulier effort d’imagination...

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20/01/2017

Errance, 19/01/17

C’est bien, des fois, d’errer sans but. Lorsque j’arrive quelque part, je commence souvent par flâner quelques heures, au gré de mon humeur et de mon inspiration. J’ai le tort de peu préparer mes voyages : tout va trop vite ! Deux cas de figure sont alors possibles : je me retrouve dans une zone sans intérêt, si ce n’est celui, majeur, de m’offrir un visage insoupçonnable de la vie locale ; ou le dieu des voyages est avec moi et se fend ce jour-là d’un petit miracle. Cette fois-ci, à Lima…

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14/01/2017

Émeutes à Lima, 14/01/17

En Amérique Latine, il y a des péages un peu partout sur les grandes routes, en bon état ou pas. Un de plus ou un de moins, quelle importance ? Seulement, celui ouvert le 29 décembre à Chillón, sur la panaméricaine, a une particularité : il isole la banlieue du Cône nord (2 millions d’habitants), et notamment le district de Puente Piedra, du centre de Lima. Imaginez un péage porte d’Orléans…

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10/01/2017

Sexe et suprématisme, 08/01/17

Je sors du Musée national d’archéologie, d’anthropologie et d’histoire de Lima ; je m’assieds quelques minutes sur la place de Pueblo Libre. Un type s’arrête puis s’assied, assez grand, assez fort, assez blanc…

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04/01/2017

Sahel, 03/01/17

La frontière, c’est ça :

Enfin une frontière intelligente, Poste de Huaquillas, décembre 2016

Pas compliqué, non ? Ça ne l’empêche pas de prendre 1 h 30’. Mais au moins on ne fait qu’une fois la queue.
Pour tout le reste, passer de l’Équateur au Pérou, c’est un sacré choc. À tous points de vue…

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01/01/2017

Dakar

Une vague lueur se dessinait sur Gorée et un moteur se fit entendre en contrebas derrière lui. Allah créait un nouveau jour. Il marmonna une action de grâces au capitaine des cieux. La rade était noire ; du haut de sa tour, à peine en distinguait-il les môles.
Il se souvint que la vieille Plymouth avait rendu l’âme à l’aller. Il ne savait même pas comment il rentrerait à Pikine.
Un chalutier quittait le port pour le large. Il repensa à la grande grève et au coup qu’il avait pris sur la tête. Ils lui avaient volé son métier et son foyer. Ils avaient failli lui coûter la raison. Il ne pouvait repenser aux tempêtes de l’Atlantique sans un frisson, ni aux soirées de Baltimore ou de Valparaiso sans nostalgie. Que pouvaient-ils faire, Peter, Carmen, Ivan… à cet instant ?
La vendeuse le tira de ses songes en frappant. Elle lui versa du café de son thermos. Ils échangèrent quelques mots, les mots banals de chaque matin. Cela lui réchauffa le cœur. Il ne put réprimer une larme, qui se mit à couler.

Dakar

27/12/2016

Quitter Quito, 23/12/16

Enfin une ville ! Enfin une vraie ville ! Une ville dont l’histoire n’est pas massacrée, mais dont le cœur n’est pas non plus une réserve de ces animaux sympathiques mais étranges appelés turistas (déjà, avec un nom pareil…). Quito vit, et dès qu’ils ont un jour de libre, pour que le soleil des Incas revienne les caresser, la foule des quiteños accapare son cœur, fait d’églises et de monastères baroques, de boutiques d’art religieux et de quincailleries, de restaurants populaires où on déjeune pour 2 dolares* d’un sancocho** et d’une minestra***, jus de mûre ou de frutilla**** compris…

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22/12/2016

Péchés de chaires, 22/12/16

Les églises de Quito, où est née la légende de l’El-Dorado, sont couvertes d’or, jusqu’à l’indigestion à la Compañia de Jesus. La (relativement) très bonne conservation du centre historique de la ville offre un parcours initiatique à l’art baroque au gré de ses églises, de ses chapelles et de ses monastères. J’ai choisi de le suivre avec le petit bout d’une lorgnette*…

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16/12/2016

Métro et légende, 16/12/16


On construit la première ligne du métro de Quito. Certes, la ville éventrée y perd une partie de son charme. Mais la ville a eu la bonne idée d’illustrer les palissades avec des légendes locales, comme celle du padre Almeida, qui quittait toutes les nuits son église pour mener une vie de débauche, jusqu’au jour où il croisa… son propre cercueil. Ou devant San Francisco, celle de Cantuña……
Voici donc la légende de Cantuña, enième version du pont du Diable :

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13/12/2016

Casa del Alabado, 06/12/16

C’est un petit musée, loin des extraordinaires musées précolombiens du Mexique que sont le Musée d’anthropologie de México et le Musée d’anthropologie de Jalapa. Il n’est même pas forcément sur les guides… Et pourtant ce « petit » musée est une merveille. Son parcours thématique offre une plongée passionnante dans l’univers amérindien et ouvre la porte d’un voyage, plus encore que dans l’espace et le temps, dans l’esprit de nos lointains cousins…

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07/12/2016

Caraïbes, 26/11/16

Porto Rico, Saint-Domingue, Haïti, Cuba, Jamaïque, Yucatan, côte des Mosquitos, côtes caribéennes de la Colombie et du Venezuela, Petites Antilles, etc. s’égrènent autour de la mer des Caraïbes. Avec son peuplement amérindien, avec la colonisation et avec la traite négrière qui a suivi, le pourtour de cette autre Mare nostrum devrait tout avoir en commun. L’Histoire en a décidé autrement…

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29/11/2016

Medellín est sous le choc, 29/11/16

Medellín est-elle une ville maudite ? Il ne suffisait pas qu’elle ait payé un lourd tribut à la période de la Violencia, à l’affrontement avec les guérillas du pays, aux menées du Cartel de la drogue : 2 tragédies aériennes l’ont encore bouleversée.

Le 24 juin 1935, Carlos Gardel et ses musiciens trouvaient la mort parmi 17 personnes à Medellín : deux avions s’étaient percutés au décollage et avaient pris feu.
Hier dans la nuit, l’avion qui conduisait l’équipe brésilienne du Chapecoense s’est écrasé sur une colline de La Union, à 5 minutes de son atterrissage à Medellín.

Le Chapecoense venait disputer la finale de la coupe Sudamericana face à l’Atlético Nacional de Medellín. L’avion de l’équipe brésilienne s’est crashé à 21 h 54 locales après avoir lancé des appels de détresse. A fortiori s’il se confirme que le manque de combustible est bien à l’origine de la catastrophe, la responsabilité doit en être dégagée.
L’accident a fait 71 morts, dont 17 membres du Chapecoense et 20 journalistes. On ne compte actuellement que 6 survivants, dont 3 footballeurs et 1 journaliste.

L’Atlético Nacional a aussitôt demandé l’attribution de la Copa Sudamericana au club brésilien. Ce serait un pauvre, mais bel hommage.
Aujourd’hui, un ballet d’hélicoptères de l’armée survole la ville pour transporter les corps. Les télévisions locales et nationales passent en boucle le peu d’informations et d’images disponibles.

Depuis 1935, Medellín s’est pris de passion pour Carlos Gardel, dont la plupart de ses habitants connaissaient à peine le nom la veille de sa mort. Le même destin posthume est promis aux victimes du Chapecoense.

27/11/2016

Transports de Medellín, 27/11/16

Medellín est une ville-champignon : 50 000 habitants en 1900, 350 000 en 1950, 3,8 M en 2016. Une telle croissance se fait largement dans l’anarchie, et les comunas, « favelas » de Medellín, sont largement développées sans plan et sans contrôle. Ce peut être aussi la chance de mise en place d’infrastructures ultramodernes, comme c’est le cas des transports de la ville…

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20/11/2016

La légende du bouc, 20/11/16

Voici, parce qu’elle vaut son pesant de cancoillotte, la légende du bouc, telle qu’affichée aujourd’hui encore dans le monastère de la Popa (Cartagena). Je ne crois pas que ce soit de l’humour…

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14/11/2016

Fiestas de noviembre, 14/11/16

Le 11 novembre 1811, Cartagena de Indias, alors plus grande ville du vice-royaume de Nouvelle Grenade, proclamait son indépendance de la Couronne espagnole. C’est aujourd’hui la fête nationale colombienne, et chaque année Cartagena commémore cet événement au cours des fêtes de novembre…

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07/11/2016

Histoire d’Ainoa

Elle est née à Barranquilla, où vivent toujours ses parents. Elle est venue encore enfant à Cartagena mais, comme tout Barranquillero qui se respecte, pour rien au monde elle ne manquerait le carnaval de sa ville.
Elle a 39 ans. C’est un petit bout de bonne femme, dont la détermination tranquille ne cache que peu de temps le charme discret, les yeux de velours et le sourire enjôleur. Elle habite le quartier populaire du Pie de la Popa, le pied de la colline et du monastère veillant sur Cartagena…

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01/11/2016

Buen consejo para los amantes

Por una vez me voy a dejar la palabra a un joven poeta: Victor Hugo. Pongo (por no encontrar ninguna) una versión castellana en línea de esta joya delicada, Buen consejo para los amantes… extractada de La leyenda de los siglos…*

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Vie violence, 2/2

Le déchaînement de la violence en Colombie durant les 70 dernières années, mais aussi celle de l’État islamique et de ses émules, celle des maras d’Amérique centrale, comme les génocides d’autres périodes de l’Histoire, conduisent à s’interroger : la violence n’est-elle réellement qu’un moyen, ou n’est-elle pas en elle-même un besoin profond de l’homme ?…

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26/10/2016

Cartagena de Indias, 26/10/16

L’AFP et Le Monde, qui la recopie, ont définitivement rebaptisé la ville Carthagène-des-Indes-station-balnéaire-perle-des-Caraïbes. Ces journalistes, vraiment… La station balnéaire en question est une agglomération d’un million et demi d’habitants, industrielle et portuaire, et c’est le plus bel ensemble d’architecture coloniale de Colombie. Elle est aussi en passe de devenir une des villes les plus violentes du pays. Quant à ses plages, les cartageneros les désertent pour Manzanillo ou l’île de Barú dès qu’ils en ont la possibilité. Mais non : Carthagène-des-Indes-station-balnéaire-perle-des-Caraïbes…

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20/10/2016

Palenque, 16/10/16

En Amérique hispanique, un palenque est l’équivalent d’un quilombo brésilien : un refuge de cimarrons (de l’espagnol : « vivant sur les cimes ») ou esclaves marrons (coupé par attraction de la couleur...) se mettant à l’abri des recherches des esclavagistes. Le plus célèbre est Palenque de San Basilio, ou simplement Palenque, à 60 km au sud de Cartagena de Indias.

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